Les 4 défis que doit relever le e-commerce en Afrique

Avec ses 473 millions d’internautes, le e-commerce en Afrique a de beaux jours devant lui. Le commerce électronique peut contribuer à désenclaver les zones rurales si le problème de la logistique du dernier kilomètre est résolu. Benoo apporte à la fois l’énergie dont la digitalisation a besoin et les applications numériques nécessaires au développement du e-commerce africain.

Jumia, l’« Amazon africaine », fondée au Nigéria en 2012 et présente dans une quinzaine de pays africains, est devenu en quelques mois la première entreprise de e-commerce d’Afrique. Comme Amazon, Jumia vend selon le modèle économique de la marketplace, qui aurait déjà séduit près de 50 000 commerçants. Jumia livre les villes comme les campagnes.

Rues sans nom, clients sans adresse postale, ou qui oublient de prévoir la somme en espèces nécessaire au paiement de la commande, tels sont les tracas observés sur le terrain par tout acteur du commerce en ligne en Afrique.

Même si le e-commerce est prometteur en Afrique, il reste encore embryonnaire : moins de 1 % du commerce se fait en ligne en Afrique. Les freins au développement du e-commerce en Afrique sont majeurs :

  • Infrastructures routières inadéquates pour le transport des marchandises
  • Faible accès à Internet
  • Prépondérance des paiements en espèces*
  • Fracture numérique
  • Cadres réglementaires et institutionnels inadaptés
  • Consommateurs faiblement avertis

Défi numéro 1 : la logistique

Il y a en premier lieu la problématique de la logistique en amont. Il faut d’abord importer les produits vendus, dont la plupart viennent d’Europe et d’Asie. Ces produits coûtent cher pour un Africain moyen et ils sont soumis à des taxes.

Deuxième problématique : la livraison des colis aux domiciles des clients dans des pays où les routes sont soit inexistantes, soit en très mauvais état dans les zones rurales. La Banque africaine de développement estime que 60 % de la population vit à plus de 2 kilomètres d’une route goudronnée.

Par ailleurs, le nombre de sociétés spécialisées dans le transport et la logistique est encore faible, avec peu d’agents formés.

Autre problème : le système postal est quasi inexistant. Il n’existe pas en Afrique de l’Ouest de système d’adressage correct. Les plates-formes e-commerce sont donc passées directement à l’étape des coordonnées GPS.

Sur l’aspect logistique, le fondateur de Jumia explique, dans une interview au magazine Capital le 5 juillet 2019 :

« Nous nous appuyons sur un réseau de plusieurs centaines de partenaires locaux qui connaissent très bien les régions et les spécificités locales, et nous avons développé pour eux de la technologie, des outils, de la data (analyse de données), des procédés, que nous mettons à leur disposition pour les aider à opérer de la façon la plus efficace. »

Le développement du e-commerce peut se faire grâce à la création d’une multitude de sociétés locales fournissant cette logistique du dernier kilomètre.

Benoo peut fournir des applications numériques d’aide à la logistique du dernier kilomètre, afin de pouvoir rentabiliser les livraisons de marchandises sur des zones géographiques dispersées. Les transporteurs pourraient combiner transport de personnes et transport de marchandises pour rentabiliser les coûts. Le développement de points-relais colis dans les villages les plus importants, où les consommateurs pourraient venir chercheur leurs commandes, pourrait être envisagé.

 Boutique de chargement de portable en Afrique
Boutique de chargement de portable en Afrique

Défi numéro 2 : le faible accès à Internet

La pénétration d’Internet reste faible (20 %) en Afrique. Le réseau se propage grâce au mobile. Le fondateur de Jumia explique : « quant à nos clients, ils utilisent à 80 % leur téléphone mobile pour passer leurs commandes.”

Pour fonctionner, un mobile doit être chargé à l’électricité. Encore une fois, Benoo, en développant ses projets solaires dans les zones rurales, peut contribuer au développement de l’Internet et donc, du e-commerce, dans les campagnes où l’accès à certains produits est difficile.

Défi numéro 3 : la prédominance des paiements en espèces

Selon l’étude sur les classes moyennes CFAO (Compagnie française de l’Afrique occidentale) réalisée par Ipsos et BearingPoint, seuls de 15 à 20 % de la population africaine possèdent un compte bancaire. Très peu d’Africains ont donc une carte bleue. 90 % des commandes e-commerce sont payées en cash au moment de la livraison. C’est un gros risque de non-paiement pour les e-commerçants.

Une solution réside dans l’utilisation de services de paiement mobile à l’arrivée du colis. Ce service est déjà largement proposé par les opérateurs mobiles. Benoo le propose aussi bientôt sur son application numérique de gestion. 

Défi numéro 4 : le manque de compétences numériques en e-commerce en Afrique

Dans les zones rurales où le niveau d’éducation est faible, utiliser un outil numérique peut s’avérer compliqué, passer une commande en ligne, encore plus. Des programmes de formation au numérique pourraient être mis en place dans les villages, dans le cadre de projets de développement.

Par ailleurs, le manque de compétences spécifiques au commerce électronique est flagrant pour les entreprises de e-commerce. « L’enseignement est encore trop orienté vers le commerce traditionnel et ne prend pas suffisamment en compte l’économie numérique », déplore la Cnuced (Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement), dans un article du Point de décembre 2018.

Pour conclure, « les gouvernements doivent créer un cadre politique, investir dans les bonnes compétences, protéger l’intégrité des systèmes de paiement et construire des routes et des réseaux de distribution », indique le secrétaire général de la Cnuced Mukhisa Kituyi.

Et, pour cela, il faut produire des statistiques fiables, ce que ne font pas les États africains. « Ils ne mesurent pas ce qu’est l’économie numérique en général et encore moins le commerce électronique », rappelle-t-il. Encore une fois, Benoo a mis en place des outils numériques de collecte et d’analyse de données sur le terrain, qui pourraient servir à la collecte de données pour le e-commerce.

 

En savoir plus sur les applications numériques développées par Benoo.

 

Sources : 

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