La coiffure en Afrique au centre de l’ancrage des jeunes dans les villages

Le salon de coiffure en Afrique a une place très importante. C’est un lieu de rassemblement dans les localités rurales. La coiffure est au centre de l’ancrage des jeunes dans leur village natal. En leur apportant de l’énergie solaire, Benoo leur permet de diversifier leurs services et d’augmenter leurs revenus.

Êtes-vous déjà entré dans un salon de coiffure en Afrique ? En passant la porte vous découvrirez un lieu bien plus animé que vous ne l’auriez imaginé. Quelques sièges font face à de grands miroirs et à de nombreuses photos de modèles aux coupes de cheveux variés. Une sono laisse échapper une musique au rythme entraînant. La télévision diffuse une émission quelconque, distrayant les quelques clients qui attendent patiemment leur tour. Le propriétaire du salon s’approche et vous propose une boisson fraîche, à peine sortie du frigo. Qu’il puisse le faire est le signe que sa petite entreprise fonctionne bien.

L’importance de la coiffure en Afrique

En Afrique, les salons de coiffure ont un rôle très important socialement parlant, surtout dans les milieux ruraux. Si en ville on peut trouver des bars ou d’autres lieux de rassemblement, dans les zones rurales c’est le salon de coiffure qui assure cette fonction.

Selon certaines estimations, les femmes africaines dépensent environ 6 milliards de dollars par an en tissage, tresses et perruques. En comparaison, le PIB du Togo était de 5,34 milliards de dollars en 2019. Sur plus de 100 villages enquêtés au Togo par Benoo, il y a un peu plus de 500 coiffeurs. Rien que dans le village d’Agbato, situé dans la région des Plateaux, on compte 7 coiffeurs pour 1 000 habitants.

Électrifier les coiffeurs, un moyen de développer leur activité

Tous les services additionnels proposés par les salons de coiffure sont possibles grâce à l’apport d’électricité. Leur donner l’accès aux énergies photovoltaïques, c’est leur permettre de se fournir tout au long de la journée et de la nuit en électricité. Une énergie moins polluante et bruyante que celle fournie de manière intermittente par les générateurs à essence. Le taux d’ensoleillement en Afrique permet aux panneaux solaires de fournir une énergie suffisante en continu.

D’après Benoo, un coiffeur africain consomme en moyenne près de 1 kWh par jour pour alimenter son équipement. Dans le cas du village d’Agbato, dans la région des Plateaux, au Togo, la consommation d’énergie d’un coiffeur est de 960 Wh par jour pour utiliser les équipements électriques suivants :

  • 2 ampoules
  • 3 tondeuses électriques
  • 1 sono
  • 1 ventilateur
  • 1 télévision

Pour un salon de coiffure, 1 kWh qui coûte 1,20 € génère un chiffre d’affaires moyen de 4 €. Mesurer la valeur générée du kWh est important pour les coiffeurs car c’est un indicateur clé qui leur permet de savoir si leur investissement dans l’énergie solaire est rentable. C’est le cas d’Ayao, coiffeur dans un petit village au Togo.

Benoo met en place des projets énergétiques solaires dans les zones rurales en Afrique. En travaillant avec des énergéticiens souhaitant développer des solutions d’énergies renouvelables dans les milieux ruraux, il y a souvent une dynamique autour des coiffeurs. Les électrifier, c’est booster leur activité économique et leur permettre de rester dans leur village d’origine.

Jeune homme assis près d’un ventilateur dans un salon de coiffure à Atchanvé au Togo
Un salon de coiffure à Atchanvé (Togo), équipé d’un ventilateur

La coiffure, une façon de lutter contre l’exode rural des jeunes

La population africaine connaissant une forte croissance démographique, le nombre d’actifs arrivant sur le marché du travail en Afrique subsaharienne devrait passer de 17 à 25 millions d’ici 2025, soit un total de 330 millions d’actifs au total. Les deux tiers, soit environ 200 millions, seront en zone rurale.

Or l’agriculture est peu attractive et peu industrialisée. Le niveau d’éducation étant généralement bas, les perspectives d’emploi pour les jeunes qui arrivent dans le monde du travail sont assez limitées. En 2015, 60 % des chômeurs africains étaient des jeunes. Dans la plupart des pays d’Afrique, le taux de chômage est doublement plus élevé chez les 18-24 ans que chez les adultes, d’après Les Bulletins de synthèse Souveraineté alimentaire, une initiative d’Inter-réseaux Développement rural et de SOS Faim Belgique.

De nombreux jeunes quittent leur ville d’origine pour aller vivre dans des zones plus urbaines. L’exode rural en Afrique est donc de plus en plus problématique pour les populations rurales vieillissantes.

Parmi les jeunes qui restent dans leur village d’origine, beaucoup se lancent dans la coiffure. Ouvrir un salon ne demande pas énormément d’investissement au départ. C’est un projet accessible qui devient de plus en plus intéressant. La coiffure est un moyen pour les jeunes de garder un ancrage dans leur village natal tout en exerçant un métier pérenne.

 

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